Cinématique.

C’est souvent dans la contrainte que jaillit la créativité. Poppy Ackroyd s’est fixé des limites dès son premier album, Escapement, sur lequel elle n’utilisait que des sons issus d’un piano et d’un violon, dont elle exploitait toutes les possibilités et toutes les surfaces, pour ensuite les arranger et créer un morceau de manière digitale. Sur le second, Feathers, la Britannique a ajouté un synthé et des cordes et elle passe un cap sur ce Resolve, en invitant pour la première fois d’autres instrumentistes, et pas des moindres, avec Manu Delago (Björk, Cinematic Orchestra) au hang, Mike Lesirge (Bonobo, Andreya Triana) à la flûte et clarinette et la virtuose britannique Jo Quail au violoncelle.

Ça n’empêche pas Poppy Ackroyd de continuer à fureter dans tous les recoins de ses instruments, à l’aide de ses doigts, de baguettes ou d’un médiator. Autant de sons supplémentaires qu’elle va pouvoir découper et triturer, avec un vrai talent pour la composition, comme le prouve le splendide Resolve, qui rappelle le sens de la dramaturgie de Ramin Djawadi (le compositeur de la BO de Games of Thrones). Derrière chaque titre de ce disque, on sent qu’il y a une proposition, une émotion, une histoire. Poppy Ackroyd s’est créé son propre orchestre digital, et elle est partie explorer la beauté. © Smaël Bouaici/qobuz

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