Digressions

Nils Frahm est avant tout un pianiste rêveur. Musicien, compositeur et producteur, le Berlinois né en 1982 marie musique classique et musique électronique dans un son pur et doux. Il est fort probable qu’avoir été l’élève de Nahum Brodski (un protégé de Tchaïkovsky) aide à ce lyrisme et cette musicalité exceptionnelles, bien qu’on aurait pu croire que cela ne l’enferme dans une rigueur classique qui tend parfois à tuer la musicalité. En 2009, Wintermusik reçoit un franc succès et propage l’univers du pianiste à travers ses œuvres solo d’une étonnante subtilité. Si l’on est d’abord surpris par le son du piano, c’est normal : Nils Frahm a commandé ce magnifique instrument sur mesure à David Klavins. Le piano en question, qui pèse moins de 100 kilos et ne frappe qu’une corde pour chaque note au lieu de trois (d’où le nom Una Corda), rend le son légèrement étouffé mais très authentique et sincère. Après Felt en 2011, l’aventurier musical offre Juno et Screws à ses fans, des opus qui mettent les synthés et la musique électronique à l’honneur.

C’est alors qu’en 2013 paraît Spaces, composé de digressions musicales plus ou moins involontaires, d’improvisations qui « oubliaient que le magnéto tournait », et ce pendant 2 ans de concerts live. On trouve donc dans ce trésor expérimental des sons électroniques bidouillés, une atmosphère urbaine qui se mêle à un piano aux vagues accents classiques. Suite à cette délicate expérimentation entre hypnose et minimalisme, Nils Frahm revient en 2015 avec Solo, qu’il décide de faire paraître le 88ème jour de l’année… comme les 88 touches du piano. Le musicien crée en effet le Piano Day et à cette occasion embarque ses fans dans son univers intime et bucolique né grâce à sa finesse de jeu et aux nombreuses possibilités qu’offre son piano Una Corda. La musique ambient de Nils Frahm fait perdre la notion du temps, et l’espace musical vous enveloppe tout entier, pour un résultat enivrant et magique. Bouleversant. © HR/Qobuz

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