On aime M

On raconte que ce sixième album de Matthieu Chédid serait pétri de symboles puisés dans les sciences occultes, notamment de part la présence récurrente du chiffre 13 ou bien celle du triangle, sur la pochette signée Alex Courtes. Mais Lettre infinie se caractérise également par l’apport de forces bel et bien visibles et palpables, à commencer par une poignée de collaborateurs particulièrement doués, qu’il s’agisse de musiciens (le violoncelliste Vincent Ségal et le batteur Cyril Atef, du groupe Bumcello), de compositeurs (Thomas Bangalter des Daft Punk), de paroliers (Brigitte Fontaine pour L’Alchimiste), ou bien d’ingénieurs du son (Pierre Boscheron). Ce dernier étant le maître d’œuvre d’un des plus grands succès de M (Je dis aime), on peut en déduire que cet album est une sorte de retour vers les premières amours du chanteur, et plus généralement, un voyage temporel qui nous emmène aux sources de sa passion pour la musique. La chanson qui a donné son titre à l’album se situe d’ailleurs au cœur de cette thématique, tout comme L’Autre Paradis, hommage à France Gall et Michel Berger.

A côté de ces deux moments de douceur et de sensualité, les fans de la première heure retrouveront le groove libérateur et sincère de leur artiste préféré (Grand Petit ConSuperchérie), ainsi que son sens du jeu de mots à la Michel Polnareff – simple, ludique et percussif. Quant à l’attachement de M pour ses racines africaines, il s’exprime dans Massaï. Certes, il y a la nostalgie des débuts et l’exploration de ses racines, certes, il y a l’ancestralité de la symbolique alchimique, mais cet album met aussi en valeur le renouveau et la fraîcheur, lesquelles sont incarnées par la fille de M, Billie Chedid, qui assure les chœurs et à qui est dédiée l’ultime chanson de l’album. C’est sans doute à travers cette transmission que se situe la véritable beauté de Lettre infinie. ©Nicolas Magenham/Qobuz

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